Le riz thaïlandais…

ou la supériorité de l’économie sur l’alimentation.

Source: http://www.agroligne.com/contenu/vertus-sante-riz

Des articles sur le net interpellent mon attention: comme celui-ci et celui-là.

Ainsi, pour une fois qu’un pays dit « du Sud » ou « en développement », à l’instar des pays occidentaux (Union européenne et États-Unis) soutient ses agriculteurs et leur propose un prix décent pour leur production, des économistes viennent descendre en flèche cette politique, au nom des échanges internationaux et des sacro-saintes exportations. Néo-libéralisme outrancier.

C’est au contraire une initiative qu’il faut saluer, à mon humble avis.

Les articles évoquent les cours du riz à l’international. Mais aucun ne relève que la production a été largement plus importante qu’escomptée, et ce, malgré de fortes inondations. Personne pour relever que l’augmentation du prix payé aux producteurs pourrait être la (une des) cause(s) d’une production plus importante que d’habitude? Personne pour se féliciter d’une augmentation de la production d’une denrée qui est l’aliment de base de la moitié environ de la population mondiale?

« La faim dans le monde », « il faut produire plus », « nous serons bientôt 9 milliards d’humains », blablabla… Tout ce que l’on peut lire partout, tout le temps, cet alarmisme permanent sur les productions céréalières et agricoles à longueur de temps… Et personne pour se réjouir que la Thaïlande ait augmenté sa production !!!

Personne non plus pour parler des conditions de vie des habitants, de l’accès à l’alimentation de la population, de l’amélioration -ou non- des conditions de vie de ces agriculteurs mieux payés.

Non, on crie au populisme, à la persévérance dans l’erreur, aux conséquences économiques du commerce extérieur…

Rappelons qu’habituellement, les hommes politiques -en particulier dans les pays dit « en développement » préfèrent soutenir des prix bas pour que les populations urbaines (pauvres) puissent avoir de la nourriture de base à bas prix, et éviter ainsi des révoltes, en ville (c’est-à-dire très souvent là où vivent les dirigeants). Or 80 % des mal-nutris dans le monde sont en zone rurale (source FAO).

Il sera bon, il sera nécessaire, il sera indispensable, d’étudier de près les effets de cette politique sur la population -rurale en particulier mais de tout le pays en général- de la Thaïlande.

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3 commentaires pour Le riz thaïlandais…

  1. Sébastien dit :

    Une question à ouvrir, ayant eu un aperçut de la Thaïlande, est: à qui va profiter cela ?
    La Thaïlande n’st pas, loin s’en faut un pays philanthropiste…

    • Merci Sébastien de réagir!
      Je ne pense pas qu’il existe dans le monde un pays philanthrope… Les dirigeants d’un pays, en général, cherchent tout de même à améliorer le sort de leur population, pour leur prestige et leur profits particuliers en cas de dictature, pour être réélu en cas de démocratie (je schématise, car là n’est pas le débat). Donc en général, un gouvernement cherche tout de même le bien de son pays, et notamment surtout, la satisfaction alimentaire de sa population. Selon les cas, l’autosuffisance est une volonté politique ou pas.
      Or dans ce cas, on peut penser que les dirigeants Thaïlandais ont voulu que leurs agriculteurs produisent suffisamment pour se nourrir et nourrir le pays. Nul doute que, s’il y a excès, la surproduction sera revendue. Oui, la Thaïlande comme les autres pays ne maitrise pas la conjoncture internationale qui fait fluctuer les cours du riz. Mais c’est justement pour cela que cette politique est intéressante, car elle permettra au pays d’avoir une base alimentaire, sans dépendre des importations.
      Je ne plaide pas ici pour la fin des échanges internationaux, bien au contraire! mais « charité bien ordonnée commence par soi-même ». En encourageant ses agriculteurs à produire, on permet au pays d’être auto-suffisant, ce qui, ensuite, permet au pays d’exporter les excédents. Il suffit d’étudier les politiques de subventions agricoles des pays occidentaux depuis 50 ans pour comprendre ! Même si ces pays sont aujourd’hui les premiers à prôner le libre-échange effréné, ils ont été les premiers à protéger leur agriculture!

  2. Ping : Olivier de Schutter, l’homme à suivre | IngenieurAgroenoble

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