Produire de la viande de boeuf couterait cher à l’environnement ? Entre amalgame et simplification outrancières…

Ce blog est en lonnngue jachère pour cause de manque de temps, d’envie, d’énergie… Mais un récent article du Monde a fait ressortir ma fureur et le besoin d’écrire!

Le voici. Le bœuf, une source de protéine qui cout cher à l’environnement.

J’ai failli m’étrangler rien qu’un lisant le titre, la suite de l’article ne vaut pas mieux.

Séance de décryptage.

Le titre: dire « le bœuf » comme s’il n’y avait qu’une et une seule manière de produire de la viande de bœuf dans le monde est déjà une grossière simplification. A ce niveau là ce n’est plus de la simplification, c’est de l’ignorance, tout simplement.

Il existe de nombreuses manières d’élever des animaux dans la monde, on appelle cela les systèmes de productions. Pour faire simple (sans être faux!), pensez aux élevages dans les grandes plaines argentines, avec des animaux en semi-liberté qui paissent et broutent de l’HERBE; plus près de chez nous, en France, aux animaux élevés dans des prairies (de l’herbe!), complémentés en céréales et protéines, certes, mais complémentés seulement, et à certains élevages européens ou américains, avec des animaux en stabulation permanente (=enfermés dans une étable 365j/365), qui ne voient jamais le jour et ne se nourrissent que d’ensilage de maïs, de concentrés, de soja, et parfois de foin). Rien que ces exemples montrent la différence de traitement des animaux, et la différence de coûts économique et environnemental des systèmes, et les différences sur la qualité de la viande (en terme gustatif, de tenue à la cuisson , de bénéfices pour la santé humaine, etc).

l'impact environnemental de ce troupeau n'est pas tout à fait le même que celui d'une stabulation aux États-Unis...

l’impact environnemental de ce troupeau n’est pas tout à fait le même que celui d’une stabulation aux États-Unis…

Premier paragraphe:
« La production de viande de bœuf« : cf ce que je vient de dire, il n’y a pas qu’une seule manière de produire du bœuf !
« induit un coût environnemental bien plus élevé que celle de la volaille, du porc ou de toute autre source de protéines animales. » C’est faux et archi-faux, et là encore, il existe différentes manières de produire de la volaille ou du porc. Une majorité de ces systèmes là sont hors-sol, c’est-à-dire qu’ils n’ont presque plus de rapport avec ce qui est produit sur la ferme, et sont nourris avec des aliments achetés (et à grands renforts de médicaments et autres anitbiotiques). Les animaux sont entassés dans des espaces limités, avec une lumière artificielle, et ont très peu d’espace. Mais là aussi, il existe des systèmes moins intensifs (Labels rouge, signe d’origine et de qualité, agriculteurs qui, sans être certifiés, s’occupent de leurs animaux avec respect), donc ne pas tout mettre dans le même panier!

Stabulation

Les vaches sont ici en stabulation provisoire (et mangent du foin). Je vous laisse imaginer quand elles y sont toutes l’année.


« C’est ce que révèle une étude publiée lundi 21 juillet aux États-Unis dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). » Aaaaaaaaaaaah on y vient, donc en fait, on nous parle d’un système de production américain, des États-Unis d’Amérique. Non, je dois être précise moi aussi, on ne sait pas de quel système de production on parle, mais en tout cas, c’est publié dans une revue américaine.

Voyons la suite.

« Pour élever un bœuf, un agriculteur a besoin d’une surface 28 fois plus étendue que pour produire des œufs ou de la viande de volaille.(…) » Bon, je ne vais pas citer tout le paragraphe, vous avez compris, on ne sait toujours pas de quel système de production on parle, on ne sais pas où, quand, comment. Donc comment comparer, et à quoi ? Mystère.
Les auteurs de l’étude sont cités, mais pas leur sujet d’étude ! Sur quelles données se sont-ils basé ? On ne sait pas.

« Les vaches émettent par ailleurs d’importantes quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus important que le dioxyde de carbone. (…) »
Ahhhh le mythe de la vache qui pète et qui pollue ! Je l’attendais bien sûr. Révélation: oui, les vaches pètent ! Nous aussi, humains, d’ailleurs. Mais autre révélation: la quantité de gaz qu’elles émettent dépend en grande partie de ce qu’elles ont mangé. Nourrie à l’ensilage de maïs et au soja ou à l’herbe et au foin, cela ne revient pas au même (et cela dépend aussi de la composition de l’herbe mais je fais simple).

« Animaux plus grands, les vaches demandent en outre à être nourries plus longtemps pour atteindre le bon poids de viande. »
Encore une fois, c’est simplifié à outrance! le bon poids de viande: il n’y a pas UN bon poids de viande! Il y a un poids et une qualité (d’engraissement, de conformation…) de la viande, qui dépend de ce qu’on donne à manger à l’animal (plutôt herbe = celullose ou plutôt des protéines), de la race de l’animal, et de ce qu’il fait: si c’est une vache gestante (qui attend un veau), un mâle, une vache allaitante…

« Et l’azote, émis par le fumier, est une source majeure de pollution des cours d’eaux, qui entraîne la formation de « zones mortes », complètement dénuées d’oxygène. »
Je meurs, je n’arrive plus à livre, mes yeux saignent. L’azote du fumier est un des plus intéressant qui soit, agronomiquement ! Le fumier est composé des déjections des vaches avec de la paille. Ce n’est pas les déjections seules. Les réactions chimiques ne sont pas les mêmes. Et le fumier épandu correctement dans les champs est un engrais TRÈS intéressant. Vous êtes au courant que (tous) beaucoup de cultivateurs ajoutent de l’azote dans leurs cultures? On peut le mettre soit sous forme minérale (engrais chimique) soit sous forme organique. Cette deuxième option est beaucoup plus intéressante agronomiquement et écologiquement parlant. Surtout quand on a un SYSTÈME de production, avec plusieurs productions: des animaux, des cultures… Les vaches mangent de l’herbe et des céréales, qui sont cultivés avec le fumier produit. Une banalité, un peu oubliée certes.
J’aimerais bien savoir où les auteurs ont vu des « zones mortes », et quelles en étaient la(les) cause(s). C’est sûr que si on considère une étable de 1000 vaches et qu’on étende le lisier (y a t-il encore de la paille dans ces usines?) sur 100 m², on risque d’avoir des problèmes. Tout est dans la mesure…

« (…) les auteurs rappel[e]nt que la viande de bœuf compte pour 7 % de l’ensemble des calories consommées par les Américains » Un petit indice qui nous laisse bien, cette fois, comprendre qu’on parle de nos amis « Américains » (du nord je suppose), mais là bas, il existe différents systèmes de productions.

« « Un repas de 500 grammes de bœuf entraîne plus de gaz à effet de serre que la combustion de 3,8 litres d’essence » »
De beaux calculs et de belles comparaisons très imagées, mais qui ne reposent sur rien: 500g de bœuf produit où, mangé où, abattu où ? Et quelle partie due bœuf: de l’entrecôte ou du steak haché ? Le coût environnemental n’est pas le même! Ce n’est pas la même chose si c’est un éleveur Peul qui mange un morceau d’une de ses vaches (s’il la mange parce qu’il vaut mieux qu’il la vende pour acheter autre chose mais bref) ou un Européen qui mange du rôti venu à grands frais d’Argentine !

« Des représentants de la filière bovine américaine se sont élevés contre la méthode utilisée. « L’étude parue dans les PNAS est une simplification grossière du système complexe qu’est la chaîne de production de bœuf » »
Je suis d’accord, c’est trop simplifié, mais pas qu’à propos de la chaine de production du bœuf !

« s’est indigné Chase Adams, porte-parole de l’Association américaine des éleveurs bovins. « La filière bovine américaine a grandement réduit son impact environnemental ces dernières années et elle émet aujourd’hui moins de gaz à effet de serre que celle de n’importe quel autre pays », a-t-il affirmé. » On comprend enfin, quand on a réussi à lire jusqu’au bout, que l’on parlait des systèmes de productions américains. Mais on aimerait quand même plus de détails, car là aussi, les systèmes sont divers. Et il serai bon de le rappeler au début de l’article.
N’en déplaise à ce monsieur Adams, je doute que « n’importe quel autre pays » ait un impact environnemental aussi élevé que celui des systèmes industriels des États-Unis. IL suffit de comparer avec des systèmes herbagers en Europe ou des systèmes transhumant/nomades en Afrique de l’Ouest, par exemple.

Voila pour aujourd’hui, je reviendrai sans doute avec des articles plus étayés et des liens sur des études pour étoffer mes propos.

Il n’est pas interdit de réagir, et à mon article, et à celui du Monde. Suis-je trop pointilleuse?

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Saucisson de cheval

Tout a été dit ou presque sur cette affaire.
Comment en parler de manière originale? Je ne sais pas.
Simplement, rappeler quelques faits, parfois, souvent simplifiés, modifiés, déformés, par un déferlement médiatique.

Posons d’abord les bases. Cette histoire est une histoire de fraude. De tromperie. D’arnaque. D’entourloupe. De tricherie.
Mais ce n’est PAS un scandale sanitaire. A ce jour, personne n’est mort (si ce n’est des vaches et des chevaux), personne n’est empoisonné, personne n’est malade.

Il y a quelques doutes, comme l’évoque Fabrice Nicolino dans cet article, mais le point de vue d’un vétérinaire vient le contre-balancer.

Donc en parler, oui, mais faire peur, non. Aujuord’hui, les stocks de produits préparés à base de viande de boeufs s’accumulent dans les supermarchés, cette nourriture risque d’être détruite, même les associations qui oeurvrent poru les lpus démunis disent que leur bénéficiaires n’en « veulent pas ». Des gens ont faim et ont peur de manger. De manger un produit, qui, maintenant que l’on sait ce qu’il contient, est tout à fait consommable! Premier scandale, à mes yeux.

Cette affaire aura tout de même eu le mérite de faire prendre conscience, ou simplement connaissance, à nos concitoyens de « l’univers impitoyable » du monde de l’agro-alimentaire, et du commerce en général. Car qu’il s’agisse de nourriture, de tournevis, de rouleaux à pâtisserie, de téléphones ou de petites voitures, c’est d’abord du commerce. Et le commerce n’est ni moral, ni sentimental, il est. Aves ses règles, ses usages… et ses fraudeurs.

La première phrase de la première heure de mon premier cours d’économie était: « le but de l’entreprise est de faire du profit ». Prononcée et écrite en lettres blanches par le professeur. Je m’en souviens comme si cétait hier. Hier est devenu lointain (vous l’aurez compris si vous avez deviné que les lettres blanches étaient écrites à la craie…), mais cela n’a pas changé et ne changera pas. Tous les arguments de transparence, d’équité, de bons sentiments affichés sont des outils, comme des autres, pour atteindre le même but: faire du profit.

Il m’apparait donc difficile de vouloir reprocher à une entreprise de faire ce pour quoi elle a été créée. Mais comme nous sommes dans un monde civilisé -il paraît- la société et les gouvernements successifs introduisent des règles, toujours plus nombreuses, afin d’éviter que ces profits ne se fassent au détriment de certains. Et comme dans tout univers avec des lois, il y aura des personnes qui chercheront à les contourner. Un grand jeu de chats et de souris, en somme.

Les problèmes apparaissent quand le manque de respect de ces lois portent atteinte à des valeurs que nous jugeont cruciales: la santé, par exemple. Voire la vie elle-même. Et tout le monde de s’offusquer. Mais, je le répète, pour l’instant, personne n’est malade. Quelqu’un aurait-il pu le devenir? L’Histoire jugera.

J’aimerais tout de même apporter une autre vision à cette affaire.
Car, QUI achète ces produits? QUI les mange?
Des consommateurs.

Il est peut-être temps de partir du principe que les consommateurs choississent d’acheter tel ou tel produit. Influencés certes par la publicité, le marketing, etc. Mais ils choisissent. On n’a encore vu personne nous mettre un pistolet sur la tempe pour nous dire d’acheter la lasagne Bidule plutôt que les canellonis Chose, ni la boite de raviolis Truc plutôt qu’une tranche de rôti ou une botte de poireaux.
Et pourquoi les rayons de plats prêt-à-l’emploi, « prêts à manger » même, fleurissent-ils dans les supermarches, qui eux-mêmes ne cessent de s’agrandir et de se multiplier? Parce que des gens achètent. Je n’ai pas encore trouvé mieux que cette phrase de Coluche pour résumer le marché: « quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent pas pour que cela ne se vende pas!« .

Lors de discussions de grands esprits sur les problèmatiques agricoles, les prix sont souvent, toujours! évoqués. Il est classique de voir les agriculteurs accuser la grande distribution de « casser les prix », et la grande distribution se réfugier alors derrière l’argument « mais c’est le marché qui veut ça ». Le « Marché » [tiens, salut Marché, comment ça va aujourdhui, la forme?] veut quoi ? des prix moins chers?
Des prix toujours moins chers.

Mais à quel prix, si je peux me permettre?
« Rien de tel que les prix pour ne rien comprendre à l’économie ». Autre citation d’un de mes professeurs, d’agronomie cette fois.
Car oui, sans rentrer dans des détails longs et complexes, « LE » prix est un indice difficile à définir et qui recouvre tellement de composantes. Le prix au kilo? le prix à la portion?
Et pour quel produit: un produit que je dois ensuite laver, éplucher, découper, faire cuire, ou que je mettrai dans un four micro-ondes pour le manger 5 min après? Dans ce cas, il y a un produit ET service en plus, donc le prix du produit n’est plus le même.

Et ces consommateurs, alors? Ils croient qu’un plat contenant de la viande de boeuf, des légumes, de la sauce et des pates couterait moins cher qu’un steak acheté chez le boucher? Oui, ils le croient, puisqu’ils le voient. Mais l’ont-ils demandé? Si on me met sous les yeux deux produits identiques, il y a fort à parier que je choisirais le moins cher. Et ce, quelque soit mon pouvoir d’achat. Reste à savoir si ces deux produits sont vraiments identiques…
La viande de boeuf -et tous les autres ingrédients- utilisée dans des plats préparés n’est pas « la même » que celle qu l’on achète en rayon boucherie.
Je ne ferai pas ici un exposé sur la filière viande, filière complexe s’il en est, au point que le grand Philippe Chalmin s’y est, non pas cassé les dents -il en faudrait plus- mais bien creusé le cerveau pour savoir comment l’aborder et la présenter.

Des articles, des émissions, des interviews se font jour pour en parler au « grand public », le terme de minerai sort enfin du sérail… Une filière agricole parmi d’autres, avec ses pratiques, ses règles, ses contrôles. Des pratiques de groupes industriels qui n’ont plus beaucoup de lien avec leur base, l’agriculture. Il est difficile de reprocher la complexification d’un système, qui est le fruit d’une longue évolution s’inscrivant dnas celle de la société toute entière.

Mon propos est ici de remettre au centre du débat le consommateur, et ses choix. Changement de vie, de société, « plus le temps » de cuisiner… Aura-t-on, prendra-t-on encore celui de manger?! Bien sûr, tout le monde n’a pas le temps de préparer des lasagnes. Ni d’autres plats plus élaborés. Mais qui nous « impose » de manger de tels plats quand on n’a pas le temps de les faire? Personne, si ce n’est une envie, un désir. Cette envie ne peut-elle être remplacée par un plat plus simple, moins long à préparer, mais tout aussi nutritif? A chacun de décider.
Car entre des lasagnes toutes prêtes au goût plus que douteux (puisque personne n’a remarqué la différence de viande en goutant le produit! ou n’est venu s’en plaindre) réchauffées en 10 minutes et une assiette de pâtes avec un steak haché et une sauce tomate, préparés eux en, allez, 15 voire 20 minutes, quelle est la différence? 10 min de préparation. 10 minutes supplémentaires d’achat, si l’on doit faire la queue au rayon boucherie, peut-être. De précieuses minutes, certes.
Mais quelle est la différence de produit? Énorme. Le steak que vous aurez acheté ne provient pas de la même bête, n’aura pas été travaillé de la même manière. n’aura pas le même gout, ni la même valeur nutritive. Vous avez la possibilité de vous renseigner mieux sur sa provenance.
Loin, très loin de moi l’idée de donner des leçons. Nous menons la vie que nous pouvons, avec nos propres contraintes. Mais il est peut-être temps de replacer les responsabilités à leur place. Si nous choississons d’acheter de la « junk food », de la « malbouffe » (et toutes les raisons sont recevables: on n’a « pas le temps », ou on aime ça, c’est possible aussi !) nous devons en être conscients, et ne pas s’attendre non plus à y trouver des produits de luxe.

Certes, tout le monde ne peut connaitre le circuit commercial ni les procédés de fabrication des aliments industriels, ni même des aliments tout courts. Certes, tout le monde ne peut connaitre tout. Il n’est pas interdit de se renseigner, encore moins de réfléchir. C’est long, c’est fatiguant.

A chacun de faire ses choix, mais en tout état de cause, il est préférable de ne pas accuser sans cesse un « autre », responsable de tous nos maux.

Citoyens, réveillez vos consciences!

(mon très modeste dernier hommage à Stéphane Hessel!)

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Olivier de Schutter, l’homme à suivre

Le blog est un peu délaissé ces temps-ci, pour cause d’emploi du temps surchargé. Il faut du temps pour écrire des articles documentés, temps qu’il m’est difficile de trouver.

Je souhaite tout de même partager cette interview de Olivier de Schutter. C’est incroyable comme il expose exactement ce à quoi je crois.

Il tort le cou au passage à quelques idées trop généralement admises:

· l’agroécologie, c’est « traditionnel », c’est un retour à l’agriculture de nos aïeux: FAUX, c’est une science moderne et d’avenir.

· pas d’avenir sans de hautes doses de pesticides et d’intrants chimiques: FAUX, à l’avenir, ces intrants seront de moins en moins accessibles et de plus en plus chers. Et en améliorant nos connaissances sur les fonctionnement des écosystèmes, nous pouvont apprendre à en utiliser le mons possible (cf agroécologie).

· Il faut favoriser les zones à plus fortes productions, quitte à ce que les pays à plus faibles rendements importent leur nourriture. FAUX ! C’est rendre ces pays encore plus dépendant, dans des contextes politiques fluctuants, et c’est se priver de nombre de terres cultivables. Nous sommes encore influencés par la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, sans comprendre qu’il avait pris deux exemples non comparables (du vin et des draps, qui ne demande pas les mêmes qulifications, donc pas la même valeur du travail) et des hypothèses irréalistes (valeur de travail égales entre les pays, conccurence pure et parfaite, immobilisation des facteurs de production…).

· il ne confond pas la souveraineté alimentaire avec l’autarcie. En effet, la recherche de la souveraineté alimentaire devrait être le but de tout État souverain, sauf rares exceptions. Cela tout autant pour des enjeux de paix intérieure que de stabilité politique mondiale. Ce qui n’exclue en AUCUN CAS les échanges avec les autres pays ! Mais être complétement dépendant d’autres pays et des fluctuations des cours pour assurer la nourriture d’un peuple est un rosque accrue de crises.

· au passage, il a compris que des barrières tarifaires sont nécessaires pour les pays encore peu productifs pour relancer leur production vivrière interne. Je rajoute, au passage, que c’est ce qu’a fait l’Europe avec la PAC à l’après-guerre, et qui lui a permis de devenir exportatrice de production agricole en moins de 20 ans, après une guerre dévastatrice. Mais beaucoup d’économistes ont tendance à l’oublier (ou pensent que maintenant que nous sommes riches, tant pis pour les autres!). Ce qui rejoins mon « coup de colère » contre un article critiquant la politique thaïlandaise sur le prix du riz.

Il semble dire que Pascal Lamy (actuel directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce et connu -jusqu’à présent- comme fervent défenseur d’un libéralisme débridé) serait en train de changer d’opinion à ce sujet. Que ne donnerais-je pour le croire.

Ces messages devraient faire le tour du monde! Qu’en pensez-vous?

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Fumer tue… mais l’État subventionne le tabac!

Saviez-vous que l’on produit du tabac en France? Une production pas si anecdotique, car le pays se hisse au 6ème rang des producteurs européens, avec en moyenne 16 000 tonnes par an.

Quelques 2 000 exploitations spécialisées, sur de petites surfaces (1,5 à 8 ha), pour un total de 7 000 hectares, principalement dans le Sud-Ouest et en Alsace. nécessitant beaucoup de main d’œuvre. Le tabac transformé est exporté dans 20 pays, principalement la Russie, les États-Unis, et l’Égypte.

C’est une production organisée: les tabaculteurs sont tous adhérents d’une structure coopérative et se sont dotés de leur propre outil de transformation, situé à Sarlat. Ces coopératives, sept au total, assurent la totalité de la production, de la collecte et de l’encadrement technique. Toute la production est contractualisée et une caisse d’assurance mutuelle spécifique à la production de tabac a été mise en place par les producteurs. Il existe même une association nationale interprofessionnelle et technique du tabac (Anitta).
Ces informations sont disponibles par là ou bien par ici.)

Profession qui dit ne pas pouvoir survivre sans subventions et tout récemment dans le Périgord. Là où je vois comme une incohérence sans nom, c’est que l’État subventionne cette culture!

« FranceAgriMer participe aux actions d’expérimentation réalisées par l’Anitta pour un montant de 340 000 € en 2011/12.

FranceAgriMer accompagne également la modernisation et la mécanisation des ateliers tabacoles, pour un montant de 1,4 million d’euros en 2010 et 2011, dans le cadre d’un dispositif cofinancé par le Fonds européen agricole de développement des espaces ruraux (Feader) et les collectivités  territoriales. » (Source)

Voici un exemple dans les Landes.

On peut d’ailleurs  lire sur le PDRH (Programme de Développement Rural Hexagonal  version intégrale -pdf) que:
« L’abondement de la mesure 144 (soutien transitoire aux exploitations tabacoles) à hauteur de 10 M€ de FEADER est opéré grâce au redéploiement depuis la mesure 226 (potentiel forestier). Ce redéploiement est rendu possible compte tenu de la fin des engagements d’opérations au titre du dispositif de reconstitution des forêts suite à la tempête de 1999, qui permet de dégager un disponible de 15 M€ redéployé sur les autres mesures du PDRH. »

Donc de l’argent, beaucoup d’argent est dépensé pour produire des feuilles qui sont un poison.

Il faut avouer que l’État se sert ensuite sur le produit fini : 80% des taxes sur les paquets de cigarettes lui revient !

Taxes qui seront redistribuées pour le bien public, soyons rassurés. Sur les 9,9 Milliards d’Euros qu’a perçu l’État en 2010, 7,5 sont destinés à l’assurance maladie ou aux caisses et régimes de Sécurité sociale. Le reste est distribué à d’autres organismes.

Je ne veux pas discuter ici du pour-ou-contre les subventions aux productions agricoles, il y a tant à dire. Je veux parler aujourd’hui du cas particulier du tabac. Dans ce cas précis, ce qui me gène foncièrement, c’est que, le même acteur – l’État- dit, écrit, affirme, assène que le tabac est mauvais pour la santé, déploie des moyens faramineux et des campagnes de publicité (plus ou moins de bon goût) censées encourager les gens à arrêter ou réduire leur consommation: loi réduisant la fumée en public, mentions sur les paquets de cigarettes, etc. Il paye même pour lutter contre ses effets néfastes. Et de l’autre côté, il encourage la production de ce produit jugé si dangereux en la subventionnant. Cherchez l’erreur…

Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Et vous, vous en pensez quoi ?

Edit: un très bon film sur le lobbying du tabac aux États-Unis a été diffusé sur Arte.

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Le riz thaïlandais…

ou la supériorité de l’économie sur l’alimentation.

Source: http://www.agroligne.com/contenu/vertus-sante-riz

Des articles sur le net interpellent mon attention: comme celui-ci et celui-là.

Ainsi, pour une fois qu’un pays dit « du Sud » ou « en développement », à l’instar des pays occidentaux (Union européenne et États-Unis) soutient ses agriculteurs et leur propose un prix décent pour leur production, des économistes viennent descendre en flèche cette politique, au nom des échanges internationaux et des sacro-saintes exportations. Néo-libéralisme outrancier.

C’est au contraire une initiative qu’il faut saluer, à mon humble avis.

Les articles évoquent les cours du riz à l’international. Mais aucun ne relève que la production a été largement plus importante qu’escomptée, et ce, malgré de fortes inondations. Personne pour relever que l’augmentation du prix payé aux producteurs pourrait être la (une des) cause(s) d’une production plus importante que d’habitude? Personne pour se féliciter d’une augmentation de la production d’une denrée qui est l’aliment de base de la moitié environ de la population mondiale?

« La faim dans le monde », « il faut produire plus », « nous serons bientôt 9 milliards d’humains », blablabla… Tout ce que l’on peut lire partout, tout le temps, cet alarmisme permanent sur les productions céréalières et agricoles à longueur de temps… Et personne pour se réjouir que la Thaïlande ait augmenté sa production !!!

Personne non plus pour parler des conditions de vie des habitants, de l’accès à l’alimentation de la population, de l’amélioration -ou non- des conditions de vie de ces agriculteurs mieux payés.

Non, on crie au populisme, à la persévérance dans l’erreur, aux conséquences économiques du commerce extérieur…

Rappelons qu’habituellement, les hommes politiques -en particulier dans les pays dit « en développement » préfèrent soutenir des prix bas pour que les populations urbaines (pauvres) puissent avoir de la nourriture de base à bas prix, et éviter ainsi des révoltes, en ville (c’est-à-dire très souvent là où vivent les dirigeants). Or 80 % des mal-nutris dans le monde sont en zone rurale (source FAO).

Il sera bon, il sera nécessaire, il sera indispensable, d’étudier de près les effets de cette politique sur la population -rurale en particulier mais de tout le pays en général- de la Thaïlande.

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Avec ou sans lait ? (2/2)

Des enfants conduisant les buffles, Viêt Nâm

Ainsi, au contraire, dans de nombreuses sociétés basées sur un système d’élevage, le lait est un élément indispensable, permettant de pallier à la pénurie -provisoire ou permanente- d’autres aliments ou faisant partie intégrante du régime alimentaire.

Dans les belles et grasses prairies normandes, les vaches ont pu produire du lait en abondance, dont une partie a pu être prélevée par les humains pour leur propre nourriture, en plus de celles des veaux.

Dans les régions prédésertiques du Sahara, les différentes peuples nomades, Touaregs, Peuls ont basé leur système de vie sur le rythme de la saison des pluies. Ainsi, ces étendues qui semblent désertiques au premier coup d’œil, en saison sèche, se couvrent d’herbe sitôt les première pluies tombées (les herbes locales ont une croissance adaptées au climat et peuvent pousser en 3 jours). On est ainsi surpris de découvrir des prairies étonnamment vertes dès lors que la saison des pluies commence. Sitôt la première pluie, il suffit de quelques jours (moins d’une semaine!) pour ces étendues sableuses ressemblent à des prairies normandes! Dès lors, les animaux -vaches et zébus- peuvent pâturer et fournir du lait en quantité. Les hommes transhument alors aussi loin qu’ils peuvent aller pour profiter au maximum des ces richesses herbagères denses mais furtives. Pendant environ trois mois, ils se nourriront du lait de leurs vaches -frais ou caillé-, avec les quelques céréales qu’ils ont gardé de la dernière récolte ou acheté préalablement avec la vente de quelques animaux. Peu de légumes et de viande pour agrémenter ces menus; c’était le régime des trois mois d’hivernage des sociétés « traditionnelles » des plaines sub-sahariennes. Le lait apportait ainsi les protéines et nutriments nécessaires et complémentaires aux céréales permettant la survie de ces sociétés. On comprend qu’il soit considéré comme un aliment de choix!

Plus près de nous géographiquement, en France, dans les hautes et moyennes montagnes (Alpes, Pyrénées, Jura…), des déplacements plus ou moins similaires -même si de moindre ampleur- ont existé. Pendant l’été, les bergers profitaient de l’accessibilité des prairies découvertes de leur neige pour faire pâturer les troupeaux de brebis ou de vaches, profitant ainsi de nourriture de choix et à moindre coût pour leurs animaux. Les bergers partaient en estive ou en transhumance -quelles soient les appellations locales- et vivaient plusieurs semaines avec leur animaux, se sustentant frugalement. Rassasiées des herbes des alpages, et ayant récemment mis-bas, les femelles produisaient du lait en abondance, que l’imagination et la technique des bergers ont su transformer en fromages divers et variés afin de ne pas perdre le précieux liquide. Dans des temps reculés où un retour au village prenaient plusieurs jours, ils se nourrissaient de ces fromages, leur protéines et leur graisse enjolivant quelque peu les provisions frugales emmenées dans les musettes. C’est ainsi, en partie, qu’est née la si riche diversité fromagère dont s’enorgueillit la France!

Il faut bien comprendre, en effet, que le lait permet d’obtenir des produits dérivés d’animaux sans que l’on ait à détruire la source ! De même que les œufs, par exemple, ou la laine pour un aspect autre qu’alimentaire. Ainsi bovins, ovins et caprins -principalement- représentent un capital pour une exploitation agricole. Ce sont des « réserves », des ressources que l’on doit nourrir mais qui pourront être vendues en cas de coup dur, de difficultés provisoire ou de besoin d’argent rapide. Les animaux sont monnaie d’échange pour acheter d’autres produits de base ou satisfaire des besoins non alimentaires. Les produits de ces animaux sont donc précieux car ils permettent un apport nutritionnel sans entamer ce capital précieux (des dividendes, en quelque sorte!).

Le lait- a fortiori directement sorti du pis- possède des qualités nutritives exceptionnelles. Cet aliment est en effet destiné à nourrir un être naissant, faible et sans réserve. Il est à la fois riche en graisses et en anticorps. S’il est adapté, car destiné, en premier lieu au petit de l’espèce qui le produit, il n’en reste pas moins un élément nutritionnel de choix dans l’histoire de l’humanité, que l’être humain a valorisé en même temps qu’il a domestiqué l’animal.

Ce point de vue de l’agronome ne doit pas faire oublier celui du diététicien ou du médecin, et tous les commentaires apportant des éléments sur les bienfaits ou les méfaits de cet aliment sont les bienvenus.

Ce long exposé se voulait rétablir quelques faits (qui peuvent être largement plus détaillés) pour tenter de trouver un équilibre entre dénigrement et encensement d’un aliment précieux qui a contribué à la construction de certaines sociétés, mais dont d’autres ont bien pu se passer.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Post-publication: voici des études présentant différents arguments.

Une très fouillée et intéressante qui démontent les arguments contre la consommation de lait: Propagandes mensongères contre les produits laitiers

Un article sur le calcium du lait Le calcium du lait est bon pour l’os : une vérité qui dérange !  sur lequel j’émets beaucoup de réserves. L’affirmation « une vérité bien établie et universellement acceptée » ne me paraissant pas très scientifique, pas plus que les « il est bien connu… ». Il apporte certains arguments par ailleurs, même s’il reste très européo- et même franco- centré!

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Avec ou sans lait ? (1/2)

Vaches normandes sur prairie normande…

    Il apparait de plus en plus fréquemment, dans différents blogs, revues, livres ou articles, des positions dénigrant le lait de vache et ses dérivés, positions souvent virulentes, parfois désabusées, souvent étonnantes.

Cet aliment serait la cause de tant de maux, d’allergies, de mal-être humain et animal. « Le lait c’est pour le veau » peut-on voir écrit. Assiste-t-on à une « campagne de dénigrement » du lait de vache? Il est vrai que le nombre d’allergies ou d’intolérance au lactose augmente (ou bien est-ce l’information qui augmente, car on ne s’en préoccupait pas auparavant?)
Constat que l’on peut mettre en relation avec les campagnes officielles diffusées par les pouvoirs publics, elles-mêmes renforcées par des entreprises privées, frôlant ainsi le matraquage publicitaire, depuis les « trois produits laitiers par jour » au « yaourt doublement enrichi en calcium » et autres « il y a plus de lait et moins de chocolat ».

Petit rappel historique

En France, après la seconde guerre mondiale, tout était à reconstruire, l’économie à relancer, la terre à réveiller. La Politique agricole commune (PAC) a été instaurée pour aider les agriculteurs à produire « beaucoup ». Et cela a très bien fonctionné. Un peu trop même, si bien qu’on en est rapidement venu à des « problèmes » de surproduction. La production a permit le développement de la transformation, et la naissance des industries agro-alimentaires. Elles ont surfé sur la vague et inventé de nombreux produits à base de lait: il y a eu le lait en poudre -envoyé dans de nombreux pays d’Afrique, où il a bien plombé l’économie africaine et la santé des Africains-, la création de préparation pour nourrissons -que les mamans doivent bien connaitre, même si elle ne les utilisent pas car on leur en a rebattu les oreilles, la création de nombreux nouveaux produits, depuis les fromages, les spécialités fromagères (joli nom pour désigner Vache qui rit et autre Babybels), les apéritifs tout prêts et tout la gamme toujours grandissante de  » l’ultra-frais ». Ceci accompagné de force publicité pour vendre ces merveilleux produits et permettre aux patrons des industries agro-alimentaires (IAA) de prospérer.

Dans le même temps, les scientifiques ont également travaillé sur la sélection des vaches laitières, afin qu’elles produisent plus. En modifiant leur alimentation (ensilage, tourteau de soja, granulés…) et, pour certains modes d’élevage, en ne sortant jamais les animaux pour pâturer: élevages de type « hors sol » c’est-à-dire n’ayant aucun lien entre le nombre d’animaux élevés et la surface nécessaire pour les nourrir.
Une certaine qualité du lait s’est ainsi perdue, celle de la variété des protéines, des acides gras et des bactéries, mais la qualité « sanitaire » a augmenté, ainsi que l’homogénéité du produit. Un lait produit en Franche-Comté pouvait avoir le même gout que celui produit en Bretagne et les mêmes caractéristiques physico-chimiques. D’autres éléments du lait se perdent aussi avec la pasteurisation et la stérilisation, mais la sécurité sanitaire et la période de conservation augmentent.

Résultat, ce qu’on appelle aujourd’hui « lait de vache » et qu’on retrouve dans les briques UHT, les préparations fromagères et touts les aliments nécessitant du lait ou ses dérivés est bien loin du lait qu’une vache pouvait produire il y a 50 ans.

« Bien » ou « mal » ? Loin de moi l’idée de dire que « c’était mieux avant » mais c’est une constatation: le lait d’aujourd’hui est différent. Certains individus le digèrent, d’autres moins bien, voire pas du tout.

Pour résumer un peu simplement, sous couvert d’arguments-santé, avec la protection rassurante du discours d’un médecin ou professionnel de santé, les publicités essayent de convaincre que le lait et les produits laitiers sont indispensables à la santé. C’est totalement faux ou pour le moins très inexact.
En tout cas, pour des adultes, dans nos sociétés occidentales et dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Le fameux calcium du lait est mal assimilable pour de nombreux humains et on en trouve dans beaucoup d’autres produits, végétaux notamment, et dans l’eau.

Adaptation des hommes à ce qu’ils produisent ou adaptation des produits aux hommes ? C’est une question qui mérite d’être posée. Et c’est sur ce point que je voudrais insister, avec le regard totalement inflencé par une vision agronomique des choses, vision que je revendique et qui est un des buts de la création de ce blog.

Il faut ainsi considérer quelque peu l’histoire de l’humanité… Et bien comprendre qu’au départ, l’être humain mange ce qu’il trouve à sa disposition. Et s’il tente de modifier son milieu pour produire au mieux ce qui lui est nécessaire, il ne peut non plus tout nier du contexte climato-pédologique (comprendre: influence des climat et des sols).

Une société sans lait animal
Bien avant la « mondialisation » dont on parle beaucoup en ce début de XXIème siècle (phénomène qui ne date pas du siècle dernier, faut-il le rappeler), les homo sapiens sapiens mangeaient ce qu’ils avaient sous la main. Quand les conditions climato-pédologiques ne permettent pas la production en quantité importante de lait, les êtres humains ne s’y sont pas habitués. Ainsi, au Vietnam, par exemple, les sols et le climat ne sont pas propices à des belles prairies nourrissantes pour les vaches. Les races locales de vaches, buffles et autre zébus n’ont pas développé une production de lait importante, juste ce qu’il fallait pour leurs petits. Les Vietnamiens n’avaient pas de lait en abondance à leur disposion. Ils ont développé alors un régime alimentaire varié, mais sans cet élément. D’où de nombreux légumes verts, du tofu et autres préparation à base de soja, qui sont autant d’aliments contenant du calcium, aussi, voire plus facilement assimilable que celui du lait. Aujourd’hui, environ 80 % des asiatiques adultes ne peuvent digérer le lait, faute de la présence de lactase-phlorizine, l’enzyme permettant sa digestion. (Ceci est en train de changer considérablement avec l’apparition des produits laitiers importés et leur consommation.) Et la survie puis l’expansion et le développement de nombreuses sociétés asiatiques depuis la préhistoire jusqu’à notre ère prouvent bien qu’un régime sans produits laitiers n’entraine pas de carences graves, à l’échelle d’un groupe d’individus et d’une société entière.

Cet exemple d’une société « sans lait » est à mettre en exergue d’autres modèles sociéto-agronomiques dans lesquels le lait joue un rôle majeur.

A suivre…

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